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Cornelius Castoriadis (1922-1997), économiste, philosophe, psychanalyste, penseur touche-à-tout, a mèné une critique acérée du capitalisme et du marxisme, et propose une "radicalisation du projet démocratique" : le "projet d’autonomie". "Si [les citoyen-ne-s] ne sont pas capables de gouverner - ce qui reste à prouver -, c’est que "toute la vie politique vise précisément à le leur désapprendre, à les convaincre qu’il y a des experts à qui il faut confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s’habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à suivre ou à voter pour des options que d’autres leur présentent. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat, c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques (...) Les institutions actuelles repoussent, éloignent, dissuadent les gens de participer aux affaires publiques". Cornelius Castoriadis nait à Istanbul en 1922. Il rejoint la France en 1946. Il devient économiste auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques de 1948 à 1970. A partir de 1964, Castoriadis devient membre de l'École freudienne de Paris (EFP), fondée par Jacques Lacan auquel il s'oppose dès 1967... En 1968, Castoriadis se marie avec Piera Aulagnier. En 1969, il quitte l'EFP. Il participera à la formation du Quatrième groupe. Castoriadis commence une deuxième analyse didactique avec Jean-Paul Valbrega et commence à exercer comme analyste à partir de 1973. Castoriadis s'intéresse également à la recherche philosophique. A la fin des années 70, il écrit dans Topique, à partir du livre Un destin si funeste, un long article critiquant vivement la pensée structuraliste, à travers tant Michel Foucault que Roland Barthes, Louis Althusser, Gilles Deleuze et Félix Guattari. En 1980, Castoriadis est nommé directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Il meurt le 26 décembre 1997. Texte de Castoriadis
sur : De
l'autonomie en politique. L'individu privatisé (1997) La philosophie n'est pas philosophie si elle n'exprime
pas une pensée autonome. Que signifie « autonome » ?
Cela veut dire autosnomos, « qui se donne à soi -même
sa loi ». En philosophie, c'est clair : se donner à
soi -même sa loi, cela veut dire qu'on pose des questions et qu'on
n'accepte aucune autorité. Pas même l'autorité de
sa propre pensée antérieure.
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C'est là d'ailleurs que le bât blesse
un peu, parce que les philosophes, presque toujours, construisent des
systèmes fermés comme des oeufs (voir Spinoza, voir surtout
Hegel, et même quelque peu Aristote), ou restent attachés
à certaines formes qu'ils ont créées et n'arrivent
pas à les remettre en question. Il y a peu d'exemples du contraire.
Platon en est un. Freud en est un autre dans le domaine de la psychanalyse,
bien qu'il n'ait pas été philosophe. |
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