
ARCHIVES
Souvenirs
de Sonia Marques
De 1999 à 2003 à peu près,
j ’ai passé 4 années de ma vie à participer
au collectif Téléférique.
Depuis son idée originale jusqu’à son développement,
ses productions, ses rencontres, ses balades, ses projets, ses atomes
crochus,
ses polémiques, ses programmations, ses œuvres diverses, son
réseau internet, ses contacts amicaux,
ses sons, ses images, ses pixels de couleurs, ses ordinateurs tous différents,
ses langages à comprendre, ses cultures entre sciences et arts,
ses diffusions généreuses on line ou off line,
ses démos, ses expositions, ses films, photographies, textes, repas,
ses nuits blanches,
ses concerts, son public anonyme, réservé, grincheux, enthousiaste,
néophyte, familiale, froid, enneigé, parsemé, de
tous bords,
son autogestion, ses paperasses, son administration, son serveur, ses
hébergements, ses geeks, ses pirates,
ses écrans géants, ses immersions, son graphisme changeant,
son site internet relooké souvent,
son design abrupt, son esthétique par défaut, ses esthétiques
colorées, ses codes,
ses adaptations sur différents systèmes d’exploitation,
ses téléchargements avant la mode du téléchargement,
ses conférences dans les universités, les écoles
d’arts,
les lieux insolites, devant des personnes mandatées de l’institution
de l’art,
frileuses, désarçonnées, désarmées
face à l’ampleur, l’orchestre, des membres non recommandés,
certains paresseux, d’autres engagés, entêtés,
accueillants, accumulant les expérimentations, d’autres se
servant de l’aura,
d’autres du serveur, d’autres de la cuisine, des relations,
d’autres espérant avoir une place et n’y parvenant
pas, d’autres réclamant les statuts de l’association,
désirant les changer chaque année, d’autres apportant
des lumières et restant illuminés, d’autres cherchant
des idylles, des preuves d’amour,
juste de l’accompagnement et de la rigolade, des soirées
intellectuelles sans se prendre au sérieux,
d’autres recherchant sérieusement des preuves d’oeuvres
d’art à l’ancienne,
d’autres imaginant des tableaux et des palettes et des pinceaux
en pixels,
d’autres corrigeant les lignes de code,
d’autres demandant de l’aide sans arrêt,
de l’argent tout le temps, des défraiements,
des réparations de bugs, de machines,
d’autres cherchant des conductrices,
des graphismes pour leur affaires personnelles,
d’autres arrivistes partis,
d’autres encore partants attachés,
se séparant difficilement,
des inventions,
des recherches,
des beautés,
inespérées,
des souvenirs
par milliers…
Voici ma poésie.
à téléférique
sans qui rien n'aurait été im/possible
copyright seuqramainos © 2005