28/04/07


que vos lèvres finissent
ce que vos doigts ont commencé
z.

 

 

rouge





majestueux, ses yeux rouges percent sa peau noire veloutée. le sang, entre ses dents blanches, suinte. il est belliqueux lorsqu’il la découvre sous un nouveau jour. elle est pleine de feu. sur la plage, il écrit comme il se bat. il court sur ses morts comme autant de linge jeté par-dessus bord. elle le découvre empêtré dans des bagarres qui prennent du temps. il veut être l’autre, l’absorber. elle accepte les transformations alors qu’il est en retard. elle saute sur ses morts et prend de l’élan pour aller ailleurs. elle fait comme s’il n’existait pas. elle contemple le coucher du soleil. il se baigne hirsute. il sort enduit de pétrole. il craint de lui faire peur. il voudrait lui apparaître comme le meilleur. elle est impassible et vulgaire. il est effrayé lui-même par son courage. les rochers tremblent dans la mer. il ne se passe toujours rien. tel un chocolat fondant, il s’expose à elle. lointaine, son regard recule les limites du monde. il veut rompre son calme tout en ignorant si elle a une voix. il se concentre. dans sa tête, il lui supplie de l’insulter rien que pour l’entendre afin qu’elle ne garde plus le silence. il se calme un peu jusqu’à perdre conscience. il pense être mort alors qu’il tombe amoureux de ce qui lui échappe. elle se déplace avec une liberté de solitaire, indécente. il tombe sur la plage, inconscient. elle disparaît. lorsqu’il se réveille, il est assis à côté d’elle endormie. sur le ventre, le dos nu, elle soupire sur ses bras. elle veut encore être aimée. il lui caresse le bas du dos du bout des doigts et remonte le long de sa crinière rousse chevaline. elle rêve alors que ses lèvres finissent ce que ses doigts ont commencé. il regarde le paysage marin qui s’assombrit. il s’en va et entre dans la mer. leurs flèches occultent le soleil rouge.