29/07/06
sa poitrine sur les troncs d'arbres
c’est le soir que le mandrill se met à danser au son du
hip hop quand il se jette sur la porte du coquillage couleur vanille
qui va si bien à cette perruche d’allure vive et joyeuse
lorsqu’il fait toujours beau dans la fête foraine où
elle ne souhaite pas aller comme ça mélancolique mais
rester seule près d’une plante verte assoiffée et
finir le mois de juillet dans un dessin à l’encre de chine
qui se renverse et laisse des tâches caniculaires et des biles
noires tellement l’autochtone de l’île s’en
fait que la moitié de son cerveau s’est emmêlé
les pinceaux lorsqu’elle a monté le son d'une musique électronique
downtempo évanouie dans l’atelier maléfique sur
des tréteaux sans canapé pour les invités qui ne
viennent jamais regarder la télévision de plus en plus
petite posée sur son ongle tandis qu’il frotte sa poitrine
sur les troncs d’arbres afin d'imprimer son odeur sur une feuille
de papier phosphorescente qui se plie comme un chapeau allumé
la nuit personne ne le sait mais sa peau est blanche soulignée
de lignes de miel qu’elle avait décidé de lécher
jusqu’au bout avec un peu de retard dans des paradoxes il se retient
en se déplaçant sur une moto rouge au loin avec un casque
gueule de tigre afin de ne pas tomber amoureux d’elle sur la chaussée
cela ne s’explique pas la panthère est très timide
et vit solitairement elle chasse seule et les voisins ne voient que
ses yeux à côté du chapeau phosphorescent la nuit
tombée comme tout tombe dans cet espace les passants préfèrent
ignorer la guerre civile des pays adjacents dans l’appartement
d’à côté et toutes ces bombes qui tombent
dans les piscines bleues privées le mandrill attiré par
la douceur se jette sur la porte avant de partir car le jour il sait
voler dans son absence le plumage lisse et brillant après avoir
dépasser le paon elle respire sa poitrine sur les troncs d'arbres