12/07/06

le casque aux oreilles



je l’ai revu hier. il n’avait pas changé. aujourd’hui je ne parviens pas à écrire au clavier, une main me suffit. je suis allongée sur le lit, le casque aux oreilles, saoulée de sons baladeurs. il m’a raconté de belles choses et m’a envoyée en l’air. bien sûr je ne pouvais lui dire le bien qu’il me faisait, cela aurait gâché les belles choses. il souriait parfois lorsqu’il ponctuait son récit de remarques personnelles. il me touchait. il était loin de s’en douter, loin de mes pensées. je ne pouvais rien dire. il n’aurait rien pu entendre. il était dur, il était tendre, il était beau, il était affreux, il était glorieux, il était naïf, il était angoissé, il était serein, il était heureux, il était triste, il était cruel, il était fou, il était distant, il était proche, il était singulier, il ressemblait aux autres quelque part. il m’a raconté de belles choses et m’a envoyée en l’air. bien sûr je ne pouvais lui dire le bien qu’il me faisait, cela aurait gâché les belles choses. il souriait parfois lorsqu’il ponctuait son récit de remarques personnelles. il me touchait. il était loin de s’en douter, loin de mes pensées. je ne pouvais rien dire. il n’aurait rien pu entendre. il était sourd. un grand enfant lui avait percé les oreilles, petit. je l’ai revu hier. il n’avait pas changé. aujourd’hui je ne parviens pas à écrire au clavier, une main me suffit. je suis allongée sur le lit, le casque aux oreilles, saoulée de sons baladeurs. je suis saoulée de sons baladeurs, allongée sur le lit, le casque aux oreilles. le casque aux oreilles.