28/02/07

l’imbécile malheureux


mais oui cours cours loin devant qu’attends-tu mon grand que la guerre t’emporte une jambe que le cyclone te décoiffe pas qu’un peu que la mer se déchaîne et monte tous les étages de ton immeuble afin d’inonder ta bouche qu’attends-tu mon grand que tu ne te souviennes plus du nom de ta mère que tu n’arrives plus à lire des lettres d’amour que tu ne saches plus offrir ton cœur parce que tu oublies le mot fleur qu’attends-tu mon gros qui n’est plus grand à présent qui ne voit plus ses pieds qu’attends-tu pour courir encore courir vers cet avenir qui se trouve loin derrière et qu’il va falloir rattraper qu’attends-tu pour manger des pieuvres vivantes et voler la nuit dans ta cape rouge et ton juste au corps bleu qu’attends-tu pour gifler ceux qui t’exploitent et embrasser ceux qui te caressent du regard même si c’est loin ceux qui t’encouragent de rage qu’attends-tu que l’âge que tu n’auras plus soit sous terre que tes factures soient payées sans rappel que ta vie ne soit qu’un tas de papiers enregistré au bon format qu’attends-tu l’obèse des idées que celles-ci ne soient plus compréhensibles dans le langage contemporain qu’elles soient dédiées aux archives des bibliothèques insondables et vouées à la destruction des attentats terroristes qu’attends-tu pour sortir tes mains de tes poches sortir de ton entêtement solitaire de tes idées oui tes milliers d’idées reçues dont tu ne sais toujours pas si elles sont valables oui mais auprès de qui ?


qui ?


mais oui cours cours loin devant
qu’attends-tu mon grand ?

rapproches-toi de tes désirs d’enfants