03/07/07
je brûle
les bulldozers emportèrent les souvenirs d’enfants
en détruisant les cours de récréation
dorénavant
ils n’aimèrent plus l’école
le bunker leur demeurait inaccessible
tant ils avaient honte de leur élitisme
les tours de la cité étaient plus hautes
que l’estime qu’ils avaient d’eux
d’en haut
ils observaient tout
même leur calvitie
à force de trop sélectionner
ils avaient dû cacher leurs critères de sélection
face aux grands hlm
ils se croyaient sécurisés
dans l’abri de l’art et des pensées
mais les actes ont été plus fort
l’huile et l’eau que l’on force à
être dans le même verre
ne se rencontrent jamais
personne ne voulait être le témoin de l’autre
chacun devait mourir seul
dans son coin
ils ont grillagé leur savoir
au cas où d’autres auraient pu le savoir
à leur tour
la bibliothèque
se trouvaient là
les antres de l’accès à l’admiration et l’intelligence
cadenassés
destinés à conserver le silence
destinés à s’éteindre d’eux-mêmes
elle attendit devant la grande école
comme une enfant
le cartable dans le dos
la porte restait fermée
elle restait plantée dans le décor infini des cités
elle restait à sa place
un gnome lui ouvrit la porte
avec un trousseau de clefs
et lui demanda si elle avait trouvé sa place
elle répondit oui
il lui referma ainsi la porte à jamais
depuis ce jour
elle se permis de brûler des voitures
trempée dans l’acide
elle passa son permis de conduire
des diplômes à n’en plus finir
pour ne jamais pouvoir conduire sa vie
depuis
elle marche à pieds
ils étaient si timides et peureux
qu’ils ne souhaitaient plus sortir
ils se sont trouvés être pris dans leur propre zoo
considérant les sauvages
ceux-ci devinrent les rois de la jungle
et eux
des animaux domestiqués
ils devaient rester à la maison
elle lui tenu la main dans la rue
ils reçurent des injures
l’amour devint irrecevable
toute le monde se mit d’accord
il valait mieux arrêter de s’aimer
compte tenu des manques de soutien
ils se mirent à brûler des voitures
c’était plus acceptable
mais
ils brûlaient pour avoir le droit d’aimer
et ça
personne ne le savait
et les cœurs brûlaient à l’intérieur
personne ne le voyait