13/01/07
à son insularité
son exil et son royaume
l’île lune de miel
l’instant scandant l’éternité
courir jusqu’aux sommets métaphysiques
croire à l’innocence de l’écume blanche
des animaux étranges qui grognent
des yeux lumineux la nuit
des ronflements sous les feuilles
:
:
en son sein couvre le feu
un volcan sans bruit
l’île attise
les eaux profondes
aimante de l’aventure
figure de l’inversion
elle s’étoile d’ambivalences
le cri
le sexe
la montagne
la tombe
le secret
la stèle
à son insularité
faite de sable ou de roc
de cristal ou de drogues artificielles
des ambiguïtés des androgynes
virginale et phallique
piège
prison
pollen
pistil
dans la rumeur des ceintures de la mer
de l’eau et de l’au-delà
orpheline
belle
rebelle
fidèle
infidèle
éternelle
éphémère
:
:
à son insularité
la première dent du monde
née d’effondrements de plissements
marque de rupture et de dissidence
:
:
elle naît
elle disparaît
au mythe des îles englouties
des archipels réseaux
des individualités rassemblées
des dualités unis
des duels
:
:
cruelle
son exil et son royaume
l’accueil des esprits bienheureux
des solitaires des exclus
des singularités
des folies
:
:
en prenant le chemin
qui va à l’intérieur
au centre de soi
dans des temps dilatés
d’autres temps hors du temps
:
:
au pays des licornes
des assassins des niaiseries
à l’intérieur d’un contour de falaises
à pic
:
:
à son insularité
au bord
elle risque de tomber
suicide avorté à chaque émerveillement
conquête de chaque instant
disparition au moindre frôlement
érotique
:
:
à son insu
elle se laisse prendre
:
:
à son insularité
elle ne fait que surprendre
:
:
à toi
:
:
l’île c’est elle
:
:
à moi :
:
:
quel est il ?
:
:
pirate