05/12/06
la douceur dure
l’hiver adoucissait tout sur son passage
blonds aux cheveux bouclés
nous avions toujours chaud
dans nos vêtements d’hiver
nous ne connaissions pas cette douceur
les gestes mesurés
pour nous laisser ce passage
les regards bleus intérieurs
d’un bleu plus noir
que le regard ténébreux des yeux foncés
les peaux blanches découvertes à jamais
dans une seule nuit d’été
rappellent toutes ces nuits d’hiver
sans vêtements sans rien
recouvertes de multiples
masques protecteurs
nous aimions les savants
enfoncer nos pensées
plus loin que tout ce que nous avions imaginé
à travers les fêlures de ces boucliers
nous voir nous-même regarder
les lèvres si épaisses
qu’au moindre chuchotement
elles entraînaient toute une avalanche
de charme
nos bateaux chaviraient
en un éclair
l’hiver adoucissait nos amertumes
pas une froideur aucune
chaque mot dit devait s’extraire
comme une essence rare
délicate chaque attention au détour
d’une cambrure à la dérobée
nous ne connaissions pas cette douceur
des inconfortables sentiments remuants
nous laissant aimer
être aimés surpris aimants
se laisser prendre
surprendre
l’harmonie ne se présentant pas
comme nous nous y attendions
nous fûmes initiés par les plaisirs cruels
des douceurs hivernales
déchirantes
nous étions en harmonie
affreuse à y penser
heureuse à le vivre
la douceur dure