06/08/07
les déluges
toutes les larmes des personnes laides
ensemble nous donne une mer affreuse
toutes les larmes des personnes envieuses
ensemble nous donne un lac de jalousie précoce
toutes les larmes des personnes prétentieuses
ensemble nous donne une flaque crasseuse
qui éclabousse notre paradis perdu
je ne pleure plus depuis
je n’applaudis plus la vie
je me pavane en chaussettes salies
de toutes ces maudites plaintes
de toutes ces larmes vilaines
de toutes ces gouttes de poisons
en cette journée de pluie
les déluges avalés
font de moi
un monstre d’eau
qui ne fuit jamais
je suis là
je ne m’en irai pas