19/10/06
cocotriste
il vivait dans un fleuve
ses larmes l’avaient formé
à force de pleurer
sur son sort
cocotriste faisait le mort
au téléphone sonne
il n’y avait jamais personne
à la boîte aux lettres
et aux toujours peut-être
rien
jamais rien
cocotriste refusait les mails
même les bonjours croisés
à tout ce qui lui était adressé
rien ne pouvait le réconforter
un compliment devenait le pire des boniments
une flatterie une atroce plaisanterie
une caresse un supplice
des baisers des blessures
que de fêlures !
il vivait dans un fleuve
ses larmes l’avaient formé
une caresse un supplice
des baisers des blessures
que de fêlures
cocotriste !