13/03/07

la chute


une clairière dans cette forêt sombre
la chute d’un oiseau encore vivant
dans ses bras

 

trop lourd à porter l’oiseau
complètement déplumé
il se laissait caresser
comme s’il n’avait jamais connu
sa propre nudité

 

l’oiseau frôlait tant d’idées érotiques
recroquevillé pour se protéger
il savait l’abandon nécessaire
le franchissement de ses limites de vieil enfant

 

combien de temps à imaginer
la pluie et le beau temps
tant d’images sans contact
déjà la nostalgie de ce temps indéfini
inonde les temps définis dans ses bras

 

elle pouvait devenir cet oiseau
mais sa chute n’avait pas l’audace
de ce vieil enfant

 

elle avait cousu ses propres ailes
chaque instant dans le secret
sans savoir jamais
si un jour elle volerait

 

au bord d’un gouffre
le vent soufflait
de ses propres ailes
elle s’envola
sa chute ne dura
qu’un bref instant

 

l’oiseau continua à imaginer
la pluie et le beau temps
tant d’images sans contact
déjà la nostalgie de ce temps indéfini
inonda depuis
les temps définis dans ses bras
sans elle