05/06/06

 

célestine

 

elle traversait des paysages
qui filaient en arrière
de vert d'odeur d'herbes fraîches


non c'est la climatisation
qui glaçait ses yeux
et les figeaient dans une vitre de verre


tout se plaquait
tout se cognait

sur un ring
elle recevait de face
elle ratait l'esquive


les sillons l'emmenaient dans des souvenirs
filant à l'envers toujours derrière
la musique inversée syncopée
haletait des tristesses en esquisses

* qu’est-ce que c’était bon *


elle importait des voyages subliminaux
avec ses distants
elle devait oeuvrer pour toucher la vérité
sinon c’était la vitre de verre


à toute allure
elle apprenait aux autres à voyager
sans qu'elle ne le puisse
célestine téléchargeait ses bonus


à grande vitesse
elle ralentissait de toutes ses forces
la machine des inconscients
les aveugles des paysages massacrés
elle, elle voulait s’échapper


elle filait sans rattrapage
punie de tous ses dépassements


célestine acquiesçait aux certitudes
afin de s'en débarrasser
sa corbeille se remplissait de fausse modestie


dans les paysages du dehors
recopiés les uns sur les autres
les murs blancs des maisons devenaient luminescents
célestine aurait bien écrit dessus
ses désirs en grand
le jaune des pétales explosait
le soleil faisait tout péter
les fleurs offertes
les arbres touffus

tous fous


elle parcourait des lieux stériles
célestine imaginait les rendre féconds
sur fond de rythmes synthétiques
noyée dans l'immatériel
parée de bijoux dragons
célestine amplifiait l’écoute
en connectant de nouveaux neurones
elle cherchaient les portés disparus


elle effleurait de nouvelles sensations
fermait les yeux

fermait les yeux le plus souvent

respirait doucement


elle ralentissait le temps
afin que ces moments la droguent
plus longtemps
se rouler dans l'herbe
rire à pleine dent

le son était coupé
ses rêves ne s’amusaient plus


dans ces instants de violente douceur
elle se laissait hâler
jusqu'à ce que les ultraviolets la brunissent
célestine, elle aimait ça


blanche comme son écran
d’une peau de porcelaine
le moindre rayon la brûlait

et les yeux aussi


derrière ses lunettes
célestine pliait ce qui l'entourait
désarmant les plus piquants
parlant la langue des charmes
célestine se reconnaissait
dans d’autres


calmement
elle enlevait les épines
des bourdons qui le lui donnaient
contre un instant de douce violence
elle les enlevait célestine


une à une
sans pouvoir cacher ses piqûres
tâchant de ne pas savoir qui piquait

elle fermait les yeux


respirait doucement


elle ralentissait le temps
pour ces moments
qui la droguaient lentement

se rouler dans l'herbe

elle entraînerait n'importe qui
célestine

révèlant en ces instants
une intensité


et ils se roulaient dans l'herbe
de vert d'odeur d'herbes fraîches