27/04/07


amours
je serais anéantie si je ne vous voyais plus.
eloignez-moi de vous.
votre île à jamais.
z.

 

 

bleu


elle est penchée sur lui appuyée sur une épaule. elle examine le coin de ses yeux et les brins de pailles dorés accrochés à ses paupières. les portes secrètes de ses fentes, qui s’ouvrent et se referment, attirent son désir d’en savoir plus sur lui. elle découvre un corps arrondi qu’elle touche féminin. étonnée par tant de place offerte à l’érotisme détendu, elle se lance dans un discours d’amour en évoquant la mer rose et la transparence des vagues grises lorsque le matin se lève de tout son poids d’une nuit d’excitation électronique. l’apaisement éternise l’isolation totale, la certitude de redémarrer à zéro. l’iode appelle les oiseaux marins. elle et lui se trouvent allongés face à l’étendue du ciel. ils se posent des questions magiques striées de sucre de sable. le caramel de ses dessous révèle sa peau blanche et laiteuse. elle est troublée par son propre regard baladeur se transformant en un regard sensible inversant les rôles si bien distincts dans une société sans imaginaire. le nœud défait, les pensées coulent lentement et lient tous les paradoxes incandescents. elle durcit ses gestes et serre les poings sur ses fesses tranquilles. il s’attache à elle et ne la laisse pas tomber. elle succombe pourtant dans ses bras car elle sait qu’il la retiendra même en pleine apocalypse mondiale. jusqu’au dernier souffle, il l’accompagne à l’apogée de son désir, retenant encore l’ultime issue. elle rallonge les extases inventées réciproques jusqu’au point d’orgue. elle lui permet toutes les fantaisies et les choses sérieuses. perdant la définition de son sexe, elle s’immisce dans l’autre. il l’invite à se laisser tromper à laisser tomber les acquis moraux. fidèle dans l’infidélité, elle se surprend à aimer le différent et donner sans compter. elle est lui, une page blanche où tout peut s’écrire et se vivre. les troubles dans le genre et la pénétration des espaces non balisés la délivrent de ses peurs. au risque de briser les biens pensants elle se grise en lui tout en se partageant. ses cauchemars deviennent des rêves comme les autres, ni terrifiants, ni angoissants. elle laisse passer les nuages noirs dont elle a besoin pour penser l’autre en son sein. lui c’est elle qui apprend à se connaître en déroutant les déterminismes. il accepte toutes les questions magiques sur ce sable aux grains de sucres collés et facilement détachables les uns des autres. libres, tous deux allongés face à l’étendue du ciel. bleu.