20/08/07
le mal de mer
la mer était bleue comme jamais
d’un bleu profond à se noyer dedans
l’écume des vagues bouleversantes
cassaient ce noir si bleu
avec son blanc mousseux éclatant
les fonds marins tourmentés
appelaient au désordre amoureux
les dents serrées
la langue des désirs cachée derrière
le cœur qui chavire
au moindre geste de l’autre
au moindre déplacement
des particules invisibles l’entourant
il la cherchait du regard
lorsqu’elle ne le regardait pas
elle croisait ses yeux bleus
par inadvertance
se retenant de tomber dedans
le volcan de la mer faisait claquer les vagues
elles soutenaient le bateau l’emmenant très haut
et d’un coup
le laissaient lâchement retomber
comme un moins que rien
le soumettant au pire
le bateau maintenait le cap
en prenant de la vitesse
il résistait aux désirs voraces
de cette mer intempestive
puis certaines vagues recommençaient
elles soulevaient le bateau
en l’érigeant aux yeux de tous
puis elles lâchaient d’un coup leurs efforts
laissant succomber le bateau
dans le creux de leurs entrecuisses
le mal de mer gagnait son cœur serré
puis desserré
le désordre amoureux l’entraînait
à vouloir être chavirée
emportée
tournoyée
anéantie
son désir sortait de sa caverne séculaire
il criait de vérité
sa plainte et son abandon
apothéose
oui
elle lui donnait sa voix
elle mourrait un peu plus à chaque fois
au mal de mer