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Blog Kiwaïda

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jeudi 11 mars 2010

NORMA


Photographie : Philippe Halsman (Marylin with Barbells, 1952. © Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents)


James Dougherty et Marilyn Monroe, le 19 juin 1942 © D.R.

Marilyn Monroe se fixe rapidement un seul objectif : devenir une star, et ce quel qu'en soit le prix. Elle épouse très jeune James Dougherty, un soldat, afin d'échapper au marasme familial. Convaincue que celui-ci n'aura pourtant pas les épaules assez solides pour lui permettre d'atteindre ses rêves (James aime que sa femme lui fasse de bons petits plats et nettoie la demeure familiale), Marilyn Monroe divorce du jeune homme à seulement vingt ans. (source : L'internaute)

Marilyn Monroe, la Norma californienne est née en 1926 et elle est retrouvée morte en 1962, 36 années plus tard, dans son lit. Triste fin. Piscine, lit, peignoir, dans son dernier film inachevé. Puis encore photographies dénudées de voiles et de lit. Je me suis demandée si un ou une photographe aujourd'hui prenait des photos de Marylin, qu'est-ce que cela donnerait, en 2010 ? Les images de Marylin véhiculées ne sont les oeuvres que des photographes, d'un temps très figé. Même si elle maîtrisait également ce qu'elle donnait en fixant la séduction sur pellicule incrustant sa mythologie de la beauté féminine. Une époque sans lecture, ou presque lorsqu'elle ne pose pas avec un livre, sans écriture, sans action, sans détournement, sans autodérision. Si Marilyn avait pris l'appareil photo, qu'elles auraient été ses autoportraits ? Une Cindy Sherman ? Aussi consciente de l'image de la femme que des images véhiculées de la femme ? Quel était son regard sur les hommes qui l'entouraient ? Si elle avait pris un appareil photo, elle nous aurait livré des pépites sur le genre masculin. Sa marque de fabrique, son signe, son logotype serait la trace d'un bisou au rouge-à-lèvres. Alors si chaque bisou était une photo ?

Les photographies de Marilyn que l'on connait nous apportent si peu d'informations sur ce qui l'entourait. Sublimes photographies, souvent les mêmes, à différents âges, la pose reste égale, tel un masque. Un masque reprit par tant d'artistes et de publicitaires : une icône. Et pourtant en 36 ans, une vie bouillonne, d'actions, de pensées, de tant de costumes enquillés. Mais rien ne nous est resté, que des visions d'hommes photographes sur un visage, un corps de marbre et non sur des pensées. Il y a si peu d'humour que cela glace le sang. Une petite blonde arriviste dans une grande main de king Kong. Un symbole américain, hollywoodien. Un vrai soldat.

mercredi 10 mars 2010

PERMANENT VACATION


Photographie de  Jim Jarmusch et Tom Waits par Deborah Feingold ©

En regardant le film de Jim Jarmusch "Permanent vacation" (réalisé en 1980) je me remémorais que je faisais souvent cette confusion physique de Jarmusch avec Tom Waits. Pour voir cette confusion j'ai trouvé cette photographie et effectivement, il y a une ressemblance... Dans le style !


Image du film "Permanent vacation " de Jim Jarmush (1980)

Les premières scènes du film décrivent en voix off la disponibilité dans laquelle on se trouve, du passage d'un lieu à un autre, d'un intérieur à un autre, d'un appartement à un autre avec cette inquiétante étrangeté du début qui devient vite du "déjà-vu". Et ce sentiment est très bien décrit dès les premières scènes. L'état de transition puis le nomadisme du personnage, le parcours erratique, est rendu fragile par les lieux (intérieurs et extérieurs) quasiment abandonnés, mais habités par le vide. Vide du temps de travail, habitation de la folie. Ces asiles parcourus sont autant de poétiques de l'espace qui donneraient matière à réflexion, dans les nôtres emprunts de visions consuméristes (si tu n'as pas la salle de bain et l'horloge et la hotte de cuisine, si tu n'as pas le meuble pour meubler la conversation avec l'autre meuble, tu ne vaux rien)

Un matelas au sol, un bout de miroir surélevé par un tabouret, un tourne-disque au sol, une chaise avec vue sur le dehors, un kimono suspendu au mur et des accessoires chics (un livre dont on lit quelques vers de poésie et un peigne pour se coiffer et bien sûr... une cigarette, seul signe du temps qui passe) Le héros s'ennuie très vite lorsqu'il investit un lieu et s'en va très vite car tout fini par se ressembler, les gens eux-mêmes et leur petite vie. Mais dans ses rencontres de vagabonds et de marginaux, il y a un sentiment de désertion et de liberté, dit en une phrase (retranscrite approximativement là) par le héros :

- Certains arrivent à trouver de la motivation dans un travail et moi je n'y arrive pas... 

Après recherches, il apparaît que ce film, fut un film de fin d’études boudé par les professeurs. Comme quoi, il faut toujours garder une trace de ses productions scolaires, mêmes boudées par les professeurs. Considérer la marge sachant que la densité émerge de cette marginalité, l'expérience.

L'ennui ici filmée a sans doute été une motivation dans la réalisation. Le jeu de danse, la chorégraphie du bout des doigts et l'indifférence d'une compagne cernée en attente, fatiguée d'être seule, il y a une maîtrise des éléments posés, de l'existant. La difficulté est de maintenir le dépouillement jusqu'au bout.

Les deux pierrots sur la photo, le Waits et le Jarmush, ont cette attitude, travaillée, du théâtre ambulant des marcheurs aux chaussures usées.

La vacuité, lorsque l'on perd tout, est une ouverture des possibles. L'espace disponible est habitable mais ne sera pas habité.


lundi 8 mars 2010

HUMEUR

Scooter Girl By Piller Gregerson of Norfolk, Virginia ( Wired)


J'ai vu ce soir une manifestation dans la rue avec des banderoles tenues par des hommes et des femmes et des phrases criées : "pour l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes"

Entre autres !

Il y avait une belle entraide, une camaraderie avec de vraies idées scandées, dans une improvisation totale qui bouchait toute la rue vers les 20h00. Une manif. dans la nuit ! Totale audace, pas mal, pas mal ! Et là "HO MISÈRE" je me souviens que cela doit être la journée de la femme... Un 8 mars, complètement oublié cette journée ! Pourtant je travaillais, en compagnie de plein d'individus, garçons et filles, hommes et femmes. Et rien, rien ne m'est venu à l'oreille ! Si, une étudiante en art, chinoise, m'a présenté son projet : faire une fresque, un site Internet sur les femmes artistes des 30 dernières années avec des idées graphiques. Je me suis dit, qu'aucun, aucune étudiante n'aurait eu un tel projet si jeune il y a une dizaine d'années, sans aucun complexe et avec de vraies propositions graphiques. Même cet indice ne m'a pas mis la puce à l'oreille. J'en ai profité pour lui montrer cette fresque historique et chronologique réalisée pour le Musée du Centre Pompidou, suite à l'exposition elles@centrepompidou :

http://www.ina.fr/fresques/elles-centrepompidou/Html/PrincipaleAccueil.php

Bon je tente de rattraper cette injustice. Hum, hum... Mais en regardant le site référent de "la journée de la femme" (JDF) et ses affiches mises à disposition pour ce court évènement (une journée, sic ! Il faudrait organiser un concert géant avec plein de femmes brillantissimes, musiciennes, des dj, vj, artistes, et d'hommes les accompagnant avec brio ! Bref il y a de quoi faire en 1 journée ! Tant d'artistes font de belles choses sans jamais être sollicitées, tant de talents, tant de beautés !)

- en regardant le site référent JDF : Et bien c'est naze !

http://www.cotatel.fr/JDF/Concours-aff-jdf-2010.htm

Tant pis pour l'expression, mais c'est archi-naze ! Molasson peut-être...

"Les affiches sont mises à votre disposition gratuitement pour les imprimer gratuitement en vue de les placarder aux murs !"

Oui merci heureusement, il ne manquerait plus qu'on les paye ! Mais les afficher, non merci ! C'est pas possible de voir ça tout de même ! Des femmes graphistes et pro. cela existe, cela se trouve, cela rafraîchit les stéréotypes !

Alala ! Et pourquoi pas des hommes et des femmes qui réfléchissent ensemble à un graphisme, fort, qui décape, qui attire l'oeil et le bouscule, qui nous fait de suite dire : Yeah ! La classe ! Moi aussi je veux, moi aussi je veux faire pareil !

Je regarde celles qui font, organisent créent, développent, diffusent :


Jennifer Tee : http://www.teeteetee.nl/work_sk_p01.html
Risa Sato : http://www.risacan.com/
Emi Maeda : http://www.flickr.com/photos/watz/134115373/
Miss Kittin : http://www.misskittin.com/
Magda : http://farm1.static.flickr.com/114/315160242_d59acdc225.jpg
Charlotte Cheetham http://www.manystuff.org/
Petra Cortright http://petracortright.com/
Elna Frederick http://elnafrederick.computersclub.org/
Fanette Mellier http://www.fanettemellier.com/
Katharina Grosse : http://www.katharinagrosse.com/
Bat For Lashes : http://www.youtube.com/watch?v=n1wnOUH2jk8
Women on waves : http://www.womenonwaves.org/
Olia Lialina : http://art.teleportacia.org/observation/vernacular/
Young-Hae Chang :http://www.yhchang.com/CUNNICORNORD.html
Chiho Aoshima : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4d/Chiho_Aoshima_Gloucester_Road_Tube_Station.jpg
Kevin Blechdom :http://www.kevyb.com/
Kiwaïda : http://www.nissologie.net/snd_cocotriste.html
Planning To Rock : http://www.myspace.com/planningtorock
Micro Revolt : http://www.microrevolt.org/reblog/
Maroussia Rebecq : http://www.andreacrews.com/
Women in punk (1975-80) : http://www.mindspring.com/~acheslow/AuntMary/bang/wip.html
Kathy Acker : http://en.wikipedia.org/wiki/Kathy_Acker
Avita Ronell : http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2009/05/avita-ronell.jpg
Vicki Bennett : http://www.peoplelikeus.org/
Karin Dreijer Andersson : http://feverray.com/

et et et : Muriel Cooper... Susan Kare...

Au pif, ce soir ! Sans m'oublier <3

Tout de même ! À quand la "journée de l'homme" (JDH) que l'on puisse faire des affiches ridicules, ringardes, archi-naze et molassonnes et les placarder dans la rue ! Gratuitement ;.)



dimanche 7 mars 2010

SHOW DE VENTS

"Éole, roi de Venise", "Les vents d'ange", Mistral gagnant", "Attaque des six clones", "Le coup de sirop co"... Au total, 14 chars d'apparat aux noms venteux participeront, dimanche après-midi, au défilé carnavalesque. Une cavalcade qui cette année évoluera autour du thème "Show de vents".

Tempête sur le carnaval ! Comme le dit le journal Lepopulaire.

Photographies : Sonia Marques / Carnaval de Limoges 2010

mercredi 17 février 2010

CARNE


Défilé du char de l'école de Samba Porto da Pedra, de 2007, pour le carnaval de Rio au Brésil
(Photographe inconnu)

C'est le dernier jour de l'édition 2010 du carnaval de Rio, qui a débuté ce week-end. J'ai choisi une photo de l'école de Samba Porto da Pedra, dont le symbole est celui du tigre (édition 2009 avec la sauterelle géante : gafanhoto gigante).

Lire le livre "Carnaval de Rio, trois regards sur une fête brésilienne" de l'essayiste et critique littéraire de l'Université de Sao Paulo Walnice Nogueira Galvão (2000 / Éditions Chandeigne). Ce livre est une succession de trois essais sur un événement annuel qui est devenu un des emblèmes de la ville de Rio de Janeiro, et au-delà, de la nation brésilienne toute entière :
- Le carnaval de Rio et les écoles de samba
- À la recherche des origines
- La chanson de carnaval, anthologie commentée des deux genres musicaux majeurs du carnaval, la marchinha et la samba-enredo.

CARNE LEVARE

Les festivités associées au carnaval précèdent, dans la tradition chrétienne, l'entrée dans le Carême pendant lequel le chrétien mange "maigre", en s'abstenant notamment de viande ; d'où l'étymologie du mot "carnaval" qui dérive du latin médiéval "carnelevare" signifiant "enlever, retirer la chair" (c'est-à-dire "retirer la viande" de la table, dont elle restera absente durant tout le carême).
À Rio, la fête annuelle du carnaval, raconte son histoire, avec l'expression de différents villages dans lesquels des écoles de danse et de musique réalisent leur défilé, sur des chars, pour ce grand rendez-vous. Une revanche symbolique et populaire des différentes communautés africaines.
Mais le sens du mot carnaval, dans son acception actuelle, en portugais, pour cette fête brésilienne est  attribué à la folie et les divertissements ; au désordre et à la pagaille, au travestissement et l'inversion des rôles sociaux. Qui n'aime pas le monde de la nuit, le mélange, l'overdose des paillettes et des couleurs, qui n'aime pas danser, à pied, ne pourra pas comprendre. Mais derrière cet aspect festif, dionysiaque, exhibitionniste, il y a une histoire, car ces fêtes se sont transformées au fil du temps : économie, style esthétique, musiques, disciplines, formats et normes des écoles... 

Nous sommes loin du sens "d'enlever la viande" de l'abstinence du chrétien. Cette manifestation est incarnée, charnelle et commerçante. Le carnaval de Rio est l'évènement touristique le plus important de la ville. L'organisation géantissime est une culture de rassemblement et de métissage qui n'a pas d'égale en Europe. La préparation et les compétitions en font des écoles reconnues. Même si balisé à présent, par le Sambódromo bétonné, (lorsque l'on voit la carte de celui-ci, on comprend que nous sommes quasiment dans un stade à ciel ouvert avec des places réservées et payantes, avec pour le coup, son "cortège" de systèmes de transport et de sécurité) cela reste une parade unique et urbaine.

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